Ubérisation des métiers

Ubérisation des métiers. Menace ou opportunité ?

Ubérisation des métiers, un simple néologisme ou un concept ? :

Le succès du concept d’UBER est tel, qu’il a même initié ce néologisme : l’Ubérisation des métiers !

Certes, se hisser parmi les groupes les plus importants (riches ?) en un temps record, cette réussite ne laisse personne indifférent.

Sa valeur boursière a tôt fait de susciter des envies dans d’autres secteurs d’activité, avec de nouvelles promesses de réussites spectaculaires à la clé.

C’est sûr, la digitalisation du monde économique est devenue un accélérateur, également favorable à ce nouveau concept.

Il est vrai que la digitalisation permet des gains de productivité et des réductions de coûts et de délais pour toutes les entreprises, mais là il s’agit de la création d’une interface entre l’offre et la demande dans un marché existant.

Quelle est l’ombre derrière cette lumière ? :

Passée la période de mise en lumière de ces réussites économiques accélérées, une caméra un peu plus curieuse que les premières vient finalement zoomer sur l’autre partie restée dans l’ombre.

C’est pourtant cette partie là qui fournit l’énergie de la lumière, si attractive et convoitée au départ.

Depuis peu on nous apprend que ; s’agissant d’Uber ; bon nombre de chauffeurs travaillent près de douze heures par jour pour se constituer un revenu convenable.

Pour autant, leur statut ne leur procure pas la meilleure protection sociale ni la pleine garantie de leur emploi.

Alors, menace ou opportunité ? :

Finalement, est-ce que l’opportunité d’une minorité ne repose pas sur une menace pour une majorité ?

C’est un peu comme la loterie où il faut beaucoup de parieurs perdants pour faire une ou deux fortunes chanceuses.

Et si dans quelques temps on réalisait que ces concepts économiques mirifiques pour les uns reposent beaucoup sur la précarité des autres.

Ne manque t-il pas au départ de ce concept une dose de “commerce équitable” envers les prestataires ?

Alors faut-il être admiratif face à ces richesses colossales ultrarapides dès lors que l’on sait sur qui et comment elles se construisent ?

Probablement que sous l’impulsion de certains déçus, il faut s’attendre à ce que le développement de ce concept intègre dès le départ un peu plus d’équité dans le partage des gains, au lieu de profiter d’une situation économique difficile que l’on retrouve dans plusieurs métiers.

Prévenir plutôt que guérir :

Ne faut-il pas que chaque métier potentiellement menacé se remette en cause, se pose des questions préventives sur la qualité du service apporté à ses clients, ainsi que sur le niveau de marge que lui procure son métier ?

N’est-ce pas là la meilleure chose à faire, tant pour la satisfaction de ses clients que pour la préservation de son métier, en évitant ainsi de laisser ces failles dans lesquelles un nouvel “Uber” viendra s’intercaler ?

Car si les effets immédiats récompensent ceux qui en profitent à court terme et sont salués par ceux qui les convoitent, d’autres peuvent ensuite déchanter ; et même la bourse ; lorsque le moment de l’euphorie est passé.

Entre temps, cela aura provoqué au passage la remise en question tardive d’un métier qui avait eu le tort de s’installer et s’endormir dans son confort et ses années de réussites.

Menaces ET opportunités, un mouvement perpétuel :

Finalement, si l’opportunité des uns repose sur une menace pour les autres, on peut aussi penser que l’opportunité d’un jour devient la menace de son propre lendemain, contribuant ainsi à un mouvement perpétuel à l’échelle devenue mondiale.

Sur la grande échelle du temps de l’humanité, certaines civilisations sont elles-aussi passées de la lumière à l’ombre. Elles ont elles-mêmes provoqué le déplacement du “projecteur” sur d’autres civilisations.

Jean-François LECARPENTIER – Mercredi 4 Janvier 2017

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