Flèche de solidarité

Nous sommes tous des entrepreneurs et des demandeurs d’emploi – 2ème partie

2ème partie

Agir collectivement pour l’emploi :

La vie, l’activité, l’emploi, c’est comme la météo :

Chacun d’entre nous peut brutalement passer d’une situation sécurisée, voire prospère, à une situation instable, voire critique après avoir perdu son emploi !

Mais c’est heureux, avec entraide et solidarité, les « accidents de la vie » ne sont pas inéluctables et le soleil revient toujours après l’orage.

Vous ne me croyez pas ?

Il y a dix ans j’étais gérant d’une SARL et j’étais impliqué dans deux associations en tant que bénévole.

Jusqu’en 2012, je faisais partie de l’équipe d’encadrement d’une PME, jusqu’à ce qu’elle soit en liquidation judiciaire.

Il y a six mois j’intervenais sur des chantiers industriels, je rangeais les stocks du magasin, je balayais l’atelier et je désherbais la cour ! Comme au début de ma carrière professionnelle, il y a 38 ans lorsque j’étais ouvrier, mais cette fois-ci dans un contexte d’humiliation intentionnelle !

Aujourd’hui, j’ai recréé une entreprise de conseil et une association pour contribuer au développement économique local.

Individuellement on ne peut pas faire grand-chose sur la météo, mais pourtant collectivement nous sommes parvenus à influer défavorablement sur les conditions climatiques, alors collectivement on doit aussi pouvoir agir favorablement sur l’emploi.

La passerelle entre l’emploi d’hier et le retour à l’emploi demain :

Il faut faire les bons diagnostics pour prescrire les bons accompagnements. Il arrive souvent qu’après une perte d’emploi, le demandeur d’emploi ait un sentiment d’échec qui lui donne envie de se reconvertir.

Si un peu plus tard il finit par revenir à sa compétence première, c’est qu’il avait besoin de temps pour « digérer » sa privation d’emploi.

Dans bien des cas, cette transition est bien plus comparable à un « mécanisme de deuil » qui nécessite un accompagnement personnalisé, plutôt qu’à une réelle volonté de reconversion.

Faire ce diagnostic-là est essentiel pour tout le monde car pendant toute cette période, cela peut représenter beaucoup de temps perdu pour le demandeur d’emploi et de l’argent public gaspillé sur une mauvaise piste.

A cause de mauvais diagnostics, ces demandeurs d’emploi un peu égarés se croisent sur leurs fausses pistes respectives.

Dans certains cas, c’est lorsqu’il se retrouve seul qu’il retrouve sa vraie route après avoir été accompagné dans des mauvaises directions.

Peut-être qu’il faut les accompagner à accepter et gérer cette situation de crise, tout en consolidant et réactualisant leurs connaissances, plutôt que de les accompagner dans de fausses pistes de reconversion, elles-mêmes « bouchées » par la même situation de crise, ou bien trop éloignées de leurs compétences.

Malgré les bonnes volontés que l’on rencontre dans ces organismes publics, malgré leur implication et leur engagement, leurs services ne sont pas toujours en adéquation avec les besoins des entreprises et des demandeurs d’emploi.

Si la majorité des retours à l’emploi se fait par d’autres circuits que ceux des instances officielles, c’est bien le signe de méconnaissances et d’incompréhensions réciproques entre l’offre et la demande.

Vous les acteurs économiques et les décideurs publics chargés de favoriser l’emploi, faites les bons diagnostics quant aux dispositifs d’aide à l’emploi et à l’insertion.

Davantage de compréhension et moins de jugements entre nous :

S’il existe une infime minorité de profiteurs de nos protections sociales, en ces temps où les privilèges et les abus font débat, il est mal venu et même indécent de culpabiliser les demandeurs d’emploi.

Alors vous les demandeurs d’emploi que je croise et que je côtoie, vous avez mon respect et ma considération.

N’ayez pas honte de votre situation, elle est provisoire.

C’est le thermomètre d’une situation économique difficile qui touche aussi les entrepreneurs et leurs salariés.

Vous mes collègues animateurs de clubs et de réseaux, puisque vous contribuez aux rencontres d’entreprises et d’entrepreneurs, je vous encourage à ouvrir vos portes aux demandeurs d’emploi.

Je vous assure qu’ils ne sont pas « contagieux » et même qu’ils font preuve d’un dynamisme qui force le respect et d’une réelle solidarité que je n’ai pas toujours rencontrée dans certains réseaux d’affaires.

Vous les employeurs et les recruteurs, vous qui avez un emploi et portez parfois un jugement sévère à l’égard des demandeurs d’emploi, je ne vous souhaite pas de les rejoindre pour enfin comprendre leur situation.

A l’inverse je leur souhaite de vous rejoindre dans vos entreprises. Bien sûr que dans vos recrutements vous avez des choix à faire, c’est légitime et les demandeurs d’emploi le comprennent.

Vous tous qui avez un emploi, ne manquez pas de respect envers les demandeurs d’emploi, vous ne connaissez pas leur histoire.

Ne rajoutez pas l’humiliation à leur honte ou leurs difficultés avec des jugements infondés, ou même des formulations blessantes.

Apprenez à refuser une candidature avec respect et avec courtoisie, cela évitera de « casser le moral » d’un(e) candidat(e) pendant plusieurs jours.

Faisons preuve de plus d’écoute, de compréhension, de bienveillance et de solidarité les uns envers les autres.

Nous sommes tous des entrepreneurs et des demandeurs d’emploi :

C’est surtout au sein d’un club de demandeurs d’emploi que j’ai rencontré ces valeurs et je ne veux pas croire qu’il soit indispensable de perdre son emploi pour retrouver ces valeurs.

Nous sommes tous des entrepreneurs, au moins de notre propre emploi et parfois des contributeurs d’emplois pour les autres.

Quel que soit notre statut, nous sommes tous également des demandeurs d’emploi !

Rappel de la 1ère partie : Entrepreneur et demandeur d’emploi – quelles différences ?

http://symphonie-concept.com/entrepreneurs-et-demandeurs-demploi

Jean-François LECARPENTIER – Vendredi 31 Mars 2017

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