Planète verte

Le temps de l’écologie contre le temps de l’économie

Le temps long de l’écologie contre le temps court de l’économie :

Voir loin et voir global !

Voilà ce que l’on attend en général des visionnaires. C’est vrai pour un chef d’entreprise et ça l’est d’autant plus pour un chef d’état. A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’une grande nation comme les Etats-Unis.

Voir loin ; surtout en matière d’écologie et d’environnement ; cela induit d’être en mesure de se projeter pour les générations à venir.

Cela nécessite aussi davoir le courage de déranger les intérêts économiques à court terme de la génération qui détient les clés de ce pouvoir économique aujourd’hui.

C’est aussi comprendre et accepter que le coût des solutions aujourd’hui sera toujours très inférieur au coût des conséquences laissées à nos descendants si l’on ne faisait rien.

Voir global ; là encore en matière d’environnement et de climat ; cela consiste à raisonner à l’échelle planétaire et non pas à l’échelle d’une nation, si grande soit-elle ; et encore moins à l’échelle de ses états, de ses grandes villes et de ses usines.

Nier le diagnostic pour rejeter le plan d’actions est irresponsable :

Est-ce que tous les spécialistes des questions environnementales et écologiques sont ignorants et incompétents ?

Et la concordance des constats climatiques avec le développement de l’ère industrielle n’est-elle que pure coïncidence ?

Non ! Les effets sur le climat et leurs conséquences ont passablement dégradé la planète en moins d’un siècle.

L’ignorer est un déni si ce n’est un mépris de l’avenir de l’humanité. Cela vise à justifier une position à contre-courant. Peut-être juste par principe d’être à contre-courant, ce qui serait plus regrettable encore.

Les murs envisagés pourront peut-être juguler les effets migratoires dont nous sommes largement responsables.

Les protectionnismes économiques exacerbés pourront peut-être filtrer les relations économiques internationales, dont nous avons aussi amplifié les déséquilibres.

Mais aucun de ces obstacles physiques ou politiques ne sera en mesure de stopper l’effet papillon climatique planétaire, car NOUS sommes tous des papillons et peu à peu nous en prenons conscience.

Faut-il rappeler quun filtre économique n’est jamais à sens unique et qu’il finit toujours par agir de façon réciproque.

La responsabilité de la situation écologique dégradée est mondiale, mais largement plus imputable aux pays les plus industrialisés.

Alors la responsabilité des solutions NOUS appartient aussi collectivement.

C’est bien cette conscience collective-là qui a donné lieu aux accords de Paris fin 2015 !

Le rendez-vous manqué du président des Etats-Unis :

Voilà un rendez-vous manqué qui risque aussi de laisser une trace dans l’histoire et pas seulement sur l’écologie.

Mais le bon sens du peuple des Etats-Unis et même le pragmatisme économique de cette grande nation ne peuvent en rester sur une position aussi extrême et à court terme qui hypothèque l’avenir des générations à venir et de la planète.

J’espère Monsieur le Président, Monsieur Donald Trump, que vos petits-enfants que vous aimez et qui vous aiment pourront vous convaincre que leur avenir ; autant écologique qu’économique ; est plus important que le présent d’une minorité de milliardaires qui s’enrichit de leurs activités excessivement polluantes et toxiques.

Entendez également tous vos concitoyens responsables et favorables aux accords climatiques. Entendez les voix du monde et ne fermez pas les yeux devant les menaces écologiques planétaires.

L’histoire vous remercierait d’avoir choisi la difficulté de résister aux lobbies industriels. Cette même histoire vous reprocherait davoir entravé le cours de l’histoire de l’humanité.

Et moi ? Que puis-je faire à mon modeste niveau ?

Et toi Jean-François, que vas-tu faire maintenant ?, me demandait ma conscience ce matin en apprenant cette décision brutale du président des Etats-Unis.

J’ai conscience de n’être qu’un modeste citoyen de passage sur cette planète.

Mais j’ai aussi conscience que nous sommes des centaines de millions et bientôt des milliards de citoyens du monde à vouloir assumer nos responsabilités et à inverser le cours des choses.

Nous ne voulons plus dégrader aveuglément cette planète que nous avons pu admirer depuis l’espace pendant 200 jours.

Quelle coïncidence du calendrier qu’en ce jour du retour de Thomas Pesquet de la station depuis laquelle il nous a fait partager ce merveilleux spectacle de cette planète (encore) bleue, nous ayons reçu en pleine figure ce message gris, teinté de la couleur des fumées d’usines.

Alors moi petit citoyen perdu sur cette planète, je me dis que chercher chaque jour à devenir un meilleur éco-citoyen, un consommateur responsable, ce n’est déjà pas si mal.

Moi aussi j’apprends à privilégier les circuits courts, les produits bio, les fruits et légumes de saison.

J’apprends à privilégier les transports en commun et même la marche à pied sur le systématisme de la voiture, à réduire les gaspillages.

Je pourrais me dire « les accords sur le climat ce n’est pas mon problème, car j’ai fait ma part ». Mais cette part, c’est pourtant si peu à la fois.

Les petits consommateurs d’aujourd’hui sont le lobby éco responsable de demain :

Alors je me dis aussi que face au lobby des puissances industrielles peu scrupuleuses en matière d’environnement, il y a de quoi opposer un lobby plus puissant encore.

Le lobby des citoyens responsables qui peuvent collectivement refuser de subir ces positions d’un autre temps, en affirmant notre pouvoir collectif de consommateurs responsables.

Il ne s’agit pas de rejeter en bloc l’industrie qui a permis de véritables progrès pour l’humanité, mais bien de résister aux comportements irresponsables de certains d’entre eux.

Assumons nos erreurs écologiques passées et réparons les, car maintenant nous ne pourrons plus dire à nos descendants qu’en 2017 nous ne savions pas.

Tout le monde peut se tromper, par ignorance, par méconnaissance, par faiblesse, par erreur tout simplement, mais tout le monde a le devoir de ne pas persister dans les mêmes erreurs une fois que les éléments de compréhension de ces erreurs sont réunis.

La seule motivation économique d’une minorité ne saurait infliger son irresponsabilité aux enjeux climatiques planétaires.

Pour paraphraser une chanson de Sting d’il y a plus de vingt ans et qui a traversé le temps, l’histoire et maintenant l’atlantique :

« I hope that the Americans love their children too ».

Jean-François LECARPENTIER – Vendredi 2 Juin 2017

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