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Le lanceur d’alerte et le polémiste – Comment faire la différence et que faire ?

Lanceur d’alerte – un devoir et une responsabilité à hauts risques :

Que ce soit dans le cercle assez fermé de l’entreprise, ou dans l’espace public, le lanceur d’alerte est suivi par les uns et poursuivi par les autres.

Attention à ne pas confondre le lanceur d’alerte et le polémiste, qu’il soit en quête de notoriété ou de règlement de compte, ou bien en charge d’une mission de propagande.

Le lanceur d’alerte est motivé par un sens du devoir et de la responsabilité, parfois même au détriment de ses propres intérêts.

Animé d’un esprit humain et citoyen, il n’accepte pas l’inacceptable, ce qui le pousse à dénoncer tout haut ce qu’une majorité préfère commenter tout bas.

Forcément, s’il interpelle l’interrogation de quelques-uns, il peut aussi gêner les manquements de quelques autres.

Faut-il se taire et cautionner un danger ou une irrégularité, ou bien doit-on le signaler pour faire corriger la situation, au risque de sanctions plus ou moins ouvertes ?

C’est un risque assumé par le lanceur d’alerte et c’est à cela qu’on le reconnaît. Le sens de l’intérêt général prime sur ses intérêts individuels.

Qu’en est-il du lanceur d’alerte dans le milieu de l’entreprise ? :

Dans le milieu professionnel, le droit de retrait est un dispositif qui existe et qui est censé répondre à ce besoin de “garde fous”.

Mais que peut-on penser de l’application d’un tel dispositif qui prévoit de consigner une alerte sur un registre, pour la faire valider ensuite par celui ou celle qui est potentiellement responsable de la situation ?

Si la situation inacceptable est connue et entretenue, immanquablement c’est la “mise au placard” ou bien d’autres représailles qui attendent ce lanceur d’alerte.

Ne soyons pas naïfs, car nous savons aussi que quelques concurrences internes entraînent parfois des luttes de pouvoirs.

Restons vigilants sur les quelques propagandes qui peuvent parfois nuire à une personne dont la présence et la responsabilité dérangent de vieilles et mauvaises habitudes, bien installées dans l’entreprise.

Ces quelques détracteurs sauront user de polémiques et autres stratagèmes pour porter atteinte à la crédibilité du responsable qui les dérange.

Les opposants au lanceur d’alerte préfèrent changer de responsable plutôt que de changer d’habitudes.

Fort heureusement il existe plus souvent des situations où les alertes correspondent à des risques méconnus ou sous-estimés au départ et qui sont réellement considérées et traitées comme une prévention ou une suppression des risques.

Qu’en est-il du lanceur d’alerte dans le milieu public ? :

Dans le milieu public, certains médias sont à même de jouer ce rôle de lanceur d’alerte. Leur pouvoir d’influence sur l’opinion publique est tel qu’ils sont redoutés par leurs “cibles”.

Mais en effet, il y a lieu de parler de “cible” au regard de quelques dérives potentielles, si l’on ne prend pas quelques précautions dans l’observation et l’analyse de certaines “alertes”.

Lorsqu’une alerte publique donne lieu à de jolis succès de ventes de journaux ou de scores d’audimat, ou bien en fonction de la nocivité de l’impact de “l’alerte” sur celui qui en est la “cible”, il est prudent de pousser la réflexion un peu plus loin que la seule version qui nous en est donnée opportunément.

Dans ces situations, il est important  de savoir quel est le groupe de pression qui est susceptible d’influencer tel ou tel média, pour en comprendre les motivations.

Avant de se faire sa propre opinion, il est préférable de patienter quelques jours , le temps que quelques démentis éventuels et contre vérités viennent compléter cette 1ère “alerte” pour la confirmer, ou la nuancer, ou l’infirmer.

Il faut souvent du temps avant de savoir s’il s’agit d’un “scandale” révélé ou d’un “scandale” fabriqué.

Dans certains cas nous apprenons qu’il ne s’agissait que d’une propagande répondant à une stratégie de communication négative visant à nuire à une personne, à un projet, à une entreprise, à un concurrent, etc.

Mais dans d’autres cas, ces alertes sont malheureusement confirmées et il était donc utile qu’elles soient lancées afin qu’elles donnent lieu à de réelles investigations indépendantes et objectives.

Le lanceur d’alerte ou le polémiste – Vraie alerte ou fausse alerte :

On le voit bien, que ce soit dans le cercle de l’entreprise ou bien dans le domaine public, les deux situations “alerte” et “fausse alerte” existent et cohabitent fréquemment, au gré du sens du devoir du lanceur d’alerte ou des intérêts inavoués des polémistes.

Les vrais lanceurs de vraies alertes peuvent être poursuivis, harcelés, voire menacés ou “placardisés” pour qu’ils se taisent.

Quant aux polémistes ; qu’ils soient des jaloux isolés ou des instruments de propagandes ; ils peuvent organiser et lancer de fausses alertes en direction d’une cible, dans une stratégie de nuisance.

Qu’ils soient dans le monde des entreprises ou bien sur la scène publique, les dirigeants et responsables qui peuvent potentiellement déranger leur entourage connaissent bien ces risques-là, mais ils peuvent néanmoins nuire à leur image et à leurs projets ou même à leur entreprise, si ils n’y prennent pas garde.

Mais alors, que faut-il faire ? :

Tout d’abord, à l’amorce d’une rumeur, d’une polémique, d’un dénigrement quel qu’il soit, il y a lieu de faire une mise au point en présence des protagonistes comprenant “accusateurs” et “accusés”.

Il n’est pas rare de constater que ceux qui veulent éviter les confrontations aient mauvaise conscience.

Curieusement, sur les réseaux sociaux on retrouve la même stratégie d’agissements “masqués” où les injures et accusations mensongères proviennent toujours de comptes anonymes ou usurpés ou piratés. Etonnant non ?

En cas d’accusations mensongères ainsi mises à plat, cela va couper l’envie au polémiste de recommencer et probablement dissuader d’autres d’en faire autant.

Quant aux véritables lanceurs d’alertes qui jouent un rôle important sur le bon fonctionnement des entreprises et de la société civile, ils doivent être protégés et à condition qu’ils ne fassent pas d’excès de zèle pour autant.

Ce sont bien ces lanceurs d’alertes qui contribuent à démasquer et à stopper des scandales et parfois des situations de danger extrême.

Est-il utile de rappeler les quelques scandales sanitaires qui ont fait la une de l’actualité depuis plusieurs années pour comprendre que des situations connues ont été révélées tardivement par de graves conséquences en matière de santé.

Pourtant, de potentiels lanceurs d’alerte auraient pu les stopper plus tôt, s’ils n’avaient pas eu la peur de représailles.

Il faut aussi que les polémistes et manipulateurs ; ces lanceurs de fausses alertes ; soient sanctionnés voire condamnés comme il se doit, à la hauteur du préjudice que pourrait subir la “cible” de leur propagande.

Que dire du lanceur d’alerte et du polémiste en conclusion ? :

Il faut que notre environnement de travail et notre vie publique et personnelle soient préservés et ressemblent aux principes de bienveillance largement encouragés aujourd’hui.

Afin que ces principes répétés dans de nombreux articles et conférences puissent réellement se déployer dans la société privée et publique, il est aussi nécessaire de :

  1. Protéger la minorité de lanceurs d’alertes qui a le courage d’agir pour l’intérêt général.
  2. Faire la chasse et sanctionner l’autre minorité toxique que constituent les polémistes et ceux qui s’en servent.

 Jean-François LECARPENTIER – vendredi 27 Janvier 2017

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