Yin et Yang

Une (seule) journée pour le droit des femmes ?

Une journée pour le droit des femmes ! : quelle victoire ?

Ah ! Que ce fut émouvant cette journée à écouter tous ces hommes célébrer cette journée pour le droit des femmes !

Quelle victoire n’est-ce pas ? Probablement une victoire pour les machos qui en déduiront que les 364 autres journées leurs sont réservées.

Probablement qu’au lendemain de la révolution française, les rédacteurs de la déclaration des “droits de l’homme” n’avaient pas imaginé que l’interprétation de cette déclaration pouvait être à ce point “masculinisée”, au point d’en oublier le droit des femmes dans son application.

Voilà que deux siècles plus tard, les femmes sont encore contraintes de revendiquer une journée de reconnaissance sur une année entière. Quelle victoire !

Non, cette journée n’est pas un signe de victoire pour la femme, mais le signe de deux siècles d’échec pour l’homme.

Quand l’homme “fait sa loi”, la loi cherche à (ré)éduquer l’homme :

Lorsqu’une femme dit cela, elle est immédiatement cataloguée de féministe extrémiste.

Mais quand un homme dit cela, alors les hommes machos le pointent du doigt, le déclarent faible, ou bien même homosexuel, pour son refus de souscrire à l’esprit de “mâle dominant” ou de “sexe fort”.

Combien de temps les femmes ont elles attendu avant d’obtenir le droit de vote ?

Combien de luttes auront été nécessaires pour le droit à l’avortement, encore aujourd’hui contesté par quelques esprits rétrogrades et pas exclusivement masculins ?

Faut-il se réjouir d’avoir vu apparaître une loi pour tenter de forcer la parité, faute d’avoir réussi à en admettre la légitimité et en comprendre l’intérêt collectif ?

Espérons qu’un jour ce principe sera admis spontanément au point que la règle des quotas d’aujourd’hui sera enfin devenue désuète.

Souhaitons que cette loi sera enfin comprise comme un passage obligé pour “faire bouger les dogmes”, comme un mal nécessaire pour lutter contre un mâle résistant.

Le féminisme sert-il toujours la cause des femmes ?

Les luttes des mouvements féministes ont été indispensables pour conquérir pied à pied les droits les plus évidents au regard des droits de l’homme (au sens de l’humain).

Les résistances des hommes ont parfois alimenté des combats plus acharnés de quelques femmes.

Mais c’est toujours dans les résistances réciproques que se développent les pensées et les actes les plus extrêmes.

Oui il y a aussi des féministes extrémistes dont l’agressivité des propos comme des actes parfois n’a pas rendu service à la cause des femmes.

Non, on ne combat pas les excès des machos avec des excès inverses, cela ne fait qu’entretenir une rivalité au lieu de construire la complémentarité souhaitée.

La route est encore longue, les résistances des hommes sont tenaces et les femmes n’ont pas encore la place qu’elles méritent.

D’ailleurs sur cette longue route vers l’égalité des droits, il ne faudra pas non plus occulter les droits des hommes. Ils sont parfois laminés par les excès et les dérapages incontrôlés de quelques femmes, qui profitent et abusent d’un contexte juridique qui leur est devenu plus favorable dans d’autres registres que le milieu professionnel.

L’égalité des droits au cœur de l’actualité :

Si aujourd’hui l’égalité des salaires à compétences égales occupe l’actualité, il ne faut pas oublier que cette attente légitime n’est qu’une des composantes de l’égalité des droits.

Combien de temps et de luttes seront encore nécessaires pour transformer cette demande en évidence ?

C’est aussi la responsabilité des hommes de ne pas rester passifs devant ces inégalités homme – femme et de prendre position en faveur de l’égalité des droits. C’est d’ailleurs le sens de cet article qui dérangera les machos et les extrémistes.

Veillons à ce qu’il ne s’agisse pas d’un simple argument de circonstance, mais d’une réelle volonté de mettre fin à cette injustice.

La réalité économique de la masse salariale de l’entreprise :

Les entrepreneurs et responsables des ressources humaines sont conscients que cette juste rémunération des femmes à égalité avec celle des hommes ; à compétences égales ; aurait un impact immédiat sur la masse salariale de leurs entreprises.

Alors nous les hommes nous avons la responsabilité d’accepter que ce rééquilibrage des rémunérations se fera aussi grâce à notre contribution, afin de ne pas compromettre la compétitivité et la pérennité des entreprises par une soudaine augmentation de cette masse salariale.

Oui j’ose dire que les hommes doivent admettre qu’une part de leur rémunération devrait légitimement contribuer au réajustement des rémunérations de leurs homologues féminins.

Le pragmatisme et le cadre législatif nous permettent de comprendre que ces rééquilibrages vont s’inscrire dans la durée pour les salariés en poste, mais cela n’empêche pas de l’appliquer dès à présent pour tout nouveau contrat.

En tout cas, moi c’est ce que je ferai pour mes futurs recrutements.

Attendez un peu mesdames, ne m’envoyez pas toutes votre CV maintenant s’il vous plaît !

Ne vous énervez pas messieurs, les concessions que vous aurez acceptées de faire auront des effets favorables sur le climat et les relations professionnelles dans votre entreprise. Soyons heureux et pas seulement euros !

D’ailleurs de son côté, votre épouse aussi verra un jour sa rémunération réajustée à la hausse !

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs :

Mesdames et mesdemoiselles, si je ne vous ai pas souhaité une belle journée à l’occasion de ce 8 Mars, c’est parce que je vous souhaite ; ainsi qu’à vous messieurs ; 365 belles journées d’égalité de nos droits.

J’ai le même point de vue concernant les autres journées, celle pour les enfants, celle pour la gentillesse, celle pour la courtoisie au volant, celle pour ceci ou pour cela.

Toutes ces journées ne sont que des hommages d’un jour qui visent à nous rappeler qu’elles devraient être des valeurs de tous les jours.

 Jean-François LECARPENTIER – Jeudi 09 Mars 2017

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