Centrale à béton

Ce n’est pourtant pas compliqué de faire du béton !

Le béton, quelle belle invention :

Ah ! J’en ai vu des chantiers dans le bâtiment : du béton, du béton et encore du béton !

Que ce soit pour une maison individuelle ou de l’habitat collectif, des bureaux et autres types d’ouvrages, le béton est au cœur de toutes ces constructions.

Mais si les procédés de base du gros œuvre sont toujours les mêmes, les moyens de fabrication du béton sont adaptés à l’importance du chantier.

Tantôt il s’agit de maçonnerie artisanale avec de « l’assemblage » de blocs béton ou de briques. Parfois cela devient du « montage » d’éléments préfabriqués en béton plus importants. A d’autres moments encore il s’agit d’une maçonnerie presque industrielle, avec du béton directement réalisé et coulé sur place.

J’ai toujours regardé avec intérêt ces énormes installations qui produisaient à la demande un solide matériau de construction.

Alors je m’amusais à les comparer à ma petite bétonnière, mon petit tas de sable, mon petit tas de gravier, mes sacs de ciment, ma pelle et mon seau d’eau pour parvenir à faire du béton.

Ici je voyais des silos remplis et d’énormes tas de ces matériaux qui se mélangeaient dans une « immense bétonnière ».

Le judicieux dosage et le malaxage que permettaient ces installations produisaient un béton si plastique et si homogène que ; combiné à l’acier ; il était en mesure d’édifier des constructions vertigineuses, aux limites sans cesse repoussées.

J’ai habité près de 30 ans dans le Gard, dans le village qui a vu naître Joseph Monnier, le dépositaire du brevet du béton armé.

Je ne sais pas si c’est cela qui a pu influencer mon admiration pour la construction d’ouvrages gigantesques. En tout cas son invention a révolutionné la construction des ouvrages en béton dans le monde entier.

Construire la ville plutôt que détruire la campagne :

A cet instant, mon imagination fut interrompue par une énième annonce médiatique qui diffusait une énième promesse ou injure de campagne.

Comme les précédentes, elle venait de « déranger » mon téléphone portable et surtout, mon rêve de construction d’ouvrage.

En écoutant cette multitude de messages qui s’interpellaient et s’invectivaient dans une surenchère quotidienne d’oppositions, je voyais très clairement les « silos d’idées ».

Ces pensées opposées ne pourraient jamais produire le matériau homogène et solide que seul un judicieux dosage peut obtenir.

Trop de ciment, le mélange est trop cher et trop dur.

Ou bien trop d’eau et le mélange est trop dilué, sa résistance est affaiblie. Etc… Etc…

Trop de ceci ou pas assez de cela et le béton est impropre à la construction de l’ouvrage ou bien à sa durée de vie.

Souvent trop de ceci ou pas assez de cela et les idées apparemment pertinentes dans leurs silos respectifs deviennent incohérentes et incompatibles à un autre niveau d’analyse.

Elles sont surtout inadaptées pour une vision globale de « l’ouvrage France » à construire !

Les silos et la bétonnière :

Un peu plus tard j’entendais justement à la radio :

Trop de dépenses publiques et l’équilibre économique du pays est menacé.

Ou encore trop de charges, de taxes et d’impôts, ce sont les entreprises et les citoyens qui sont asphyxiés.

Ou bien une immigration mal maîtrisée et les idées xénophobes refleurissent.

Trop de promesses irréalistes et les futurs déçus se transformeront en votes de protestation. Etc… Etc…

Tous ces commentaires avaient un peu raison, mais seulement sur une partie du diagnostic, chacun dans son « silo d’idées ».

Alors de ces silos, jamais il n’en sortait de solutions globales.

Et les diagnostics incomplets, voire erronés donnaient lieu à des propositions incomplètes voire inadaptées !

En effet, tous ces propriétaires ou locataires de « silos d’idées » ne juraient que par l’importance et l’excellence de leur « matériau » de prédilection. Ils ne comprenaient pas le contenu du silo voisin et ne se souciaient guère du « matériau final d’assemblage » à produire.

Ils semblaient éloignés de la vision de l’ouvrage commun qu’ils devaient construire : La France, sa place en Europe et sa voix dans le monde !

Alors chacun d’eux s’ingéniait à dénigrer les matériaux des autres silos, pourtant tous indispensables au résultat final.

Ecoutez et faites confiance aux maçons :

Cela fait bien longtemps que les maçons ; eux ; ils connaissent les chantiers et la construction des ouvrages. Ils savent que tous ces matériaux sont nécessaires et qu’il faut savoir les doser avec précision et les travailler avec expérience sur le chantier.

Les maçons savent également quels sont les éléments impropres à la construction et veillent toujours à ce que le béton ne comporte ni morceau de bois, ni bulle d’air. Ces éléments indésirables sont toujours autant de risques de fissures ou d’éclatement d’un élément de construction, voire d’effondrement d’un ouvrage.

Rien n’avancera avec des coups de pelles dans le gravier, des querelles de bac à sable et des batailles de seaux d’eau !

Sortez de vos silos étanches, on a besoin de vous et de vos compétences à la bétonnière et sur l’ouvrage.

N’empêchez pas de travailler les maçons qui réclament du béton de qualité. Ecoutez les, vous avez besoin d’eux, comme ils comptent sur vous.

Fournissez leur les plans de construction, le matériel et les matériaux et ils nous construiront un bel ouvrage.

Il y a déjà longtemps que la majorité des entreprises a remplacé l’organisation en silos par une organisation transversale. Et pas seulement dans le bâtiment.

Mais cette fois-ci c’est une bonne nouvelle, car il semblerait que cette France d’en bas inspire de plus en plus la France d’en haut !

 

Jean-François LECARPENTIER – Mardi 02 Mai 2017

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