Arménie

Je me souviens d’une mission en Arménie

Une conférence sur les opportunités d’affaires en Arménie :

A l’occasion d’une conférence sur les opportunités d’affaires en Arménie, organisée par l’Université Jean Moulin – Lyon3 (1) et le Club Pays Entreprises (1), j’ai eu le plaisir de mesurer le chemin parcouru depuis l’année 2000.

Les témoignages concrets des intervenants auront contribué à illustrer ce chemin parcouru (2).

En effet, au cours de l’été 2000, j’avais eu la chance de réaliser une mission à Erevan pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (3).

Je devais animer une formation pour des chefs d’entreprises sur l’organisation et le management des entreprises en France et sur les démarches de certification ISO 9001.

La finalité était de les préparer à nouer des relations commerciales avec la France et ainsi favoriser le développement économique de l’Arménie.

A cette époque, l’Arménie ne s’était pas encore totalement relevée de deux « séismes » :

Le premier fût le tremblement de terre de 1988 qui fit des dizaines de milliers de morts et des dégâts énormes.

Le second fût la conséquence brutale de l’éclatement de l’URSS au début des années 90.

Parallèlement à cette mission, l’Université Française à Erevan était inaugurée à la même période.

Deux signaux illustrant l’engagement de la France en faveur de l’autonomisation de l’Arménie et de l’amitié entre nos deux pays.

(1) Organisateurs :

Université Jean Moulin – Lyon 3 : www.univ-lyon3.fr

Club Pays Entreprises : www.clubpaysentreprises.com

(2) Intervenants :

Madame Lusiné MOVSISYAN, vice-consule d’Arménie à Lyon

Monsieur Jean-Marc LAVEST, recteur de l’université Française en Arménie

Monsieur Raffi YERAMIAN, délégué Auvergne-Rhône-Alpes de la CCI France-Arménie

Madame Lusiné ARZUMANYAN ; consultante en stratégie et business développement

(3) Chambre de Commerce et d’Industrie : www.lyon-metropole.cci.fr

Une multitude de souvenirs d’Arménie défile devant moi :

Pendant la brillante et pétillante présentation de Madame Lusiné ARZUMANYAN ; consultante en stratégie et business développement (2) ; une multitude de souvenirs défile devant moi.

Je me souviens de Maria, mon interprète pendant la formation. Dans le contexte difficile de cette époque, elle voyait son avenir en dehors de l’Arménie et préparait son expatriation vers la Belgique.

Et puis ces deux sœurs qui faisaient des études « en alternance », une semaine sur deux à tour de rôle, car elles n’avaient qu’une seule paire de chaussures pour deux.

Quant à ces chefs d’entreprises, je me souviens qu’ils ne comprenaient pas (ou n’adhéraient pas) au fondement économique de mon propos sur l’organisation et le management de nos entreprises, tant nos univers professionnels et culturels étaient éloignés.

Nous avions surtout compris qu’il nous faudrait encore du temps avant de nous comprendre, puis de pouvoir commercer. Mais nous avions décelé que nous étions en sympathie et que nous allions y parvenir.

J’avais été surpris par les fortes disparités culturelles dans ce pays si petit, mais positionné comme un « rond-point », au carrefour de plusieurs courants d’influences.

Quel souvenir encore que ma visite de la bibliothèque nationale d’Erevan et son immense salle circulaire.

Elle permettait aux visiteurs une découverte du pays, de ses richesses comme de ses soubresauts et ses souffrances, sur plusieurs siècles d’histoire.

Je me souviens aussi de cette professeur de Français, si fière de nous inviter et nous accueillir à sa table, dans sa famille qui avait sacrifiée une part importante de leur maigre salaire pour l’occasion.

Ce moment était aussi chaleureux qu’émouvant et même gênant.

Le contraste saisissant entre deux mondes :

Le soir, je voyais les superbes voitures qui passaient devant l’hôtel de la place centrale d’Erevan et qui témoignaient qu’une partie de l’Arménie était rapidement rentrée dans l’économie de marché.

Et puis, deux ou trois rues plus loin, je me souviens de ce couple de « petits vieux » auxquels il était difficile de donner un âge et qui vendaient les clous usagés qu’ils avaient récupérés et redressés.

Ils arboraient fièrement à leurs côtés un portrait de Lénine, comme un signe de nostalgie et/ou d’une inquiétude face à ce nouveau monde qui allait sûrement trop vite pour eux.

Ce contraste saisissant au cœur même de l’Arménie ne m’a jamais quitté depuis cette époque.

Ces images sont régulièrement revenues à ma mémoire, surtout lorsque je nous entends pleurnicher sur nos petits bobos de BoBo, ou encore sur nos exigences de Pouvoir d’achats qui occultent parfois l’indécence de notre Vouloir d’achats.

Je me souviens aussi de l’inquiétude de l’ambassade de France qui voyait de nombreux jeunes étudiants Arméniens écouter « le chant des sirènes » en provenance des Etats-Unis.

La France comme l’Allemagne étaient attachées à favoriser l’autonomisation de ce pays, en s’appuyant sur sa jeunesse et ses entrepreneurs.

Les efforts de l’Arménie sont finalement récompensés :

Heureusement, les efforts réalisés par les Arméniens qui ont pris une part active à cette coopération sont maintenant récompensés.

Voici l’Arménie devenue territoire d’opportunités pour y construire et développer des relations économiques et commerciales sans complexes.

Sa position géographique autant que ses relations avec ses voisins, ses atouts polyglottes et multiculturels lui confèrent un argument de séduction pour les investisseurs Français.

Il faut également saluer les choix politiques qui, par leur vocation durable, ont su résister et dépasser les querelles d’appareils et les effets finalement dérisoires des alternances, pour que cette coopération réussisse.

Remercions nos amis Arméniens venus témoigner de ces réussites. Merci également aux partenaires qui ont apporté une contribution constructive à ces réussites.

Les organisateurs peuvent se réjouir d’une telle rencontre qui nous encourage à poursuivre les efforts sur la longue route de l’autonomisation, réciproquement récompensés.

 

Jean-François LECARPENTIER – Mercredi 15 Mars 2017

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