Brexit

Du traité de Rome au Brexit la route est difficile mais elle continue !

Du traité de Rome au Brexit :

Il y a quelques jours à peine, nous fêtions les 60 ans du TRAITE DE ROME, dans un contexte de BREXIT .

Certes, ce contexte n’incitait pas aux grandes festivités, tant le récent Brexit a provoqué des questionnements quant à l’avenir de l’Europe.

Quelques jours plus tôt, des étudiants de l’université Lyon 3 ont organisé une conférence sur LES CONSEQUENCES DU BREXIT.

Pour l’occasion, ces étudiants en Master II “droit bancaire et financier” ; soutenus par leurs enseignants et responsables de l’université Jean Moulin ; avaient tout de même réussi à convier des intervenants de haut vol.

Merci aux organisateurs, ainsi qu’aux intervenants pour cette conférence.

Messieurs Philippe LAMBERTS, député Européen ; Timothy HUGHES, solicitor et avocat communautaire ; Patrick LOUIS, professeur d’économie et de géopolitique à l’IAE Lyon 3.

Retour sur la conférence “Conséquences du brexit” du 16 Mars dernier :

L’ouverture de la séance fut assurée par Monsieur le doyen et dès le départ, le ton de la tristesse provoqué par ce Brexit fut donné.

Je vous prie de m’excuser Monsieur le doyen de ne pas avoir retenu votre nom.

Cependant j’ai bien mémorisé votre message d’introduction tant il démontrait que vous êtes un Européen convaincu, mais attristé par les circonstances du Brexit.

Je me souviens que vous avez souligné que dans la très longue histoire de l’Europe, 70 ans sans conflit c’était presque une “anomalie de l’histoire” !

Et si nous regardions l’histoire d’une autre manière ?

N’est-ce pas au contraire une réussite de cette construction Européenne que d’avoir permis ces 70 années sans conflit en Europe ? C’était d’ailleurs la motivation 1ère de cette ambition Européenne.

Les témoins du jour n’ont pas évoqué le conflit aux portes de l’Europe qui a vu l’éclatement de l’ex Yougoslavie.

Pourtant dans ce conflit aux portes de l’Europe d’alors, nous pourrions aussi souligner le rôle de l’Europe qui a permis d’en éviter un embrasement plus étendu.

Des amis d’avant hier dans un même pays, puis devenus ennemis hier lors de l’éclatement de ce pays et redevenus amis aujourd’hui dans l’interdépendance de plusieurs pays, cela ressemble à de nombreuses histoires de famille non ?

L’Europe est “un très grand chantier encore en construction” :

Sur l’échelle des peuples Européens, “le chantier de la construction” de la Communauté Européenne n’est pas terminé.

Finalement, 60 ans depuis le traité de Rome jusqu’à aujourd’hui, c’est un temps assez court.

Rappelons nous que “le démarrage des travaux” a commencé par “le nettoyage d’une Europe en ruine”, meurtrie par les effets d’une guerre effroyable de plusieurs années.

Si l’on se réfère à “des constructions de bâtisses audacieuses”, le temps de leur “édification” a parfois été séculaire.

Il n’est pas rare que les visionnaires qui ont imaginé “l’ouvrage” n’assistent pas à son inauguration.

Il arrive fréquemment “qu’une partie de l’ouvrage soit démolie en cours de travaux” pour mieux la “reconstruire”.

Et si le Brexit n’était qu’une de ces péripéties dans la longue “construction” de l’Europe, dont “les plans de départ ont déjà été modifiés” à maintes reprises ?

Faisons le pari que lors de “la remise des clés de cet ouvrage” à nos petits enfants dans quelques décennies, c’est ce que racontera la rétrospective, au moment de “couper un cordon imaginaire” aux couleurs d’une Europe fière de son “édifice”.

Les points de vue s’opposent sur l’échelle du temps :

Forcément pris sur l’instant, le Brexit est un choc pour les Européens convaincus, un espoir pour les Eurosceptiques et une victoire pour les Euro déçus.

Tout le monde n’analyse pas avec la même échelle de temps.

A cela vient se rajouter l’opportunisme des anti-Européens qui voudraient en “achever la démolition”.

Il nous faut relativiser ce repli de nos voisins Anglais.

Il faut le relativiser sur l’échelle du temps, sur l’échelle de la géographie, de l’économie, de la démographie, des cultures, tant ces paramètres sont mouvants, interdépendants et inter agissants.

Quel espoir derrière le Brexit ?

Soulignons que l’intérêt de cette conférence reposait aussi sur des points de vue différents des intervenants.

La diversité des points de vue, c’est bien ce qui fait l’essence même d’un débat d’idées, échangées avec respect.

Echanges avec respect, voilà de quoi inspirer d’autres débats d’idées en cours, non ?

C’est bien cette diversité d’idées partagées avec respect qui nous donne la chance de nourrir nos propres réflexions.

En élargissant nos points de vue, on devient aussi plus respectueux envers les autres, dès lors que l’on se sent aussi respecté par les autres, même avec des points de vue différents.

Alors derrière la relative tristesse qu’a laissée entrevoir une partie de cette conférence ; marquée par les craintes des conséquences du Brexit ; il y a eu le succès du débat d’idées et l’espoir incarné par cette jeunesse responsable et mature.

Malgré son manque d’expérience ; par l’initiative de cette conférence cette jeunesse nous interpelle sur l’Europe qu’elle veut, autant que sur l’Europe qu’elle ne veut pas, ni pour elle-même ni pour les générations suivantes.

C’est cette jeunesse qui va “parachever la construction de l’ouvrage” Européen enclenché il y a plusieurs décennies, autour des mêmes valeurs d’ouverture et de solidarité.

Ces valeurs se sont aujourd’hui étendues sur le monde, rendant encore plus légitime “la construction” d’une Europe forte et unie.

Et si le Brexit préparait l’avenir d’une autre Europe ?

Ecoutons néanmoins les signaux du Brexit comme une limite de ce que les Européens ne veulent pas, où tout serait dicté “d’en haut” par une minorité de personnes, qui ne voient pas la réalité de la vie de la majorité “d’en bas”.

Plus tard, le Brexit sera probablement analysé comme “une crise d’adolescence”. La crise d’une Europe en période de croissance démographique et de construction.

Soyons sûrs que les “parents” de cet “adolescent en crise” auront entendu et compris le message du Brexit.

http://facdedroit.univ-lyon3.fr/

Jean-François LECARPENTIER – Mardi 28 Mars 2017

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