maréchal-ferrant

Du maréchal-ferrant au co-voiturage les métiers changent, la fonction reste

Je cherche un maréchal-ferrant :

Qu’il est devenu difficile de trouver un maréchal-ferrant à Lyon de nos jours.

Pourtant au beau milieu de la place Bellecour, il y a Louis XIV qui trône aussi fier que son cheval.

Et un peu plus loin sur la place des Terreaux, il y a cette magnifique fontaine ornée de ces quatre chevaux fougueux.

Alors je pensais qu’un maréchal-ferrant avait toute légitimité à s’installer non loin de là.

Mais non, ce noble métier s’est raréfié. Certes, il n’a pas disparu mais il a suivi sa clientèle, je veux parler des chevaux et de leurs cavaliers bien sûr.

Alors, même si le métier de maréchal-ferrant s’est marginalisé et ruralisé, il n’en reste pas moins noble pour autant.

Tout-à-coup je me réveille !

Poursuivant mes recherches, les algorithmes d’internet m’ont orienté du maréchal-ferrant vers les chevaux, puis des chevaux à pattes vers les chevaux vapeur, puis ainsi tout naturellement vers les automobiles.

Fatalement ensuite, je me suis retrouvé dans un monde nouveau.

Un monde dans lequel j’ai découvert des constructeurs d’automobiles, des fabricants de pièces pour les automobiles, des “stations-services” en charge de “nourrir” ces automobiles avec une autre source d’énergie que le foin et faisant appel à d’autres métiers encore.

Un peu plus loin j’ai vu des endroits pour vendre ces automobiles appelés concessionnaires, d’autres endroits pour les entretenir et les réparer appelés garages et carrosseries, d’autres endroits encore où il est même possible de louer des automobiles.

Un peu plus loin encore, j’ai vu quelques autres métiers qui gravitaient autour de ces fameuses automobiles et même jusqu’à la découverte de services de co-voiturage !

Quelle ne fut pas ma surprise de ce monde nouveau ainsi découvert à partir de ma simple recherche d’un maréchal-ferrant.

Ah bon ! Nous sommes en 2017 ?

En cherchant un maréchal-ferrant ; aujourd’hui disparu du centre-ville ; j’ai découvert qu’il avait été remplacé par une multitude d’autres métiers.

Pourtant l’essentiel avait été conservé, c’est-à-dire la FONCTION dont j’avais besoin : UN MOYEN DE TRANSPORT.

Eh oui en effet, les moyens ont changé mais pas la fonction première. Je dirais même que la fonction initiale ; elle aussi ; s’est diversifiée en plusieurs fonctions permises par ce nouveau moyen de transport.

Alors je ne sais pas pourquoi à ce moment-là je me suis machinalement retourné vers mon calendrier et là, stupeur !

J’ai constaté que nous étions en 2017 et non pas en 1927, contrairement à la date de la photo de cette calèche qui illustrait mon calendrier avec un moyen de transport du “temps jadis”.

C’est à ce même instant qu’un article sur “la digitalisation des métiers” est arrivé sur mon téléphone portable et m’a confirmé que nous étions réellement en 2017 !

Chouette ! L’avenir a de l’avenir !

A peine sorti de mon inquiétude et de ma mésaventure qui m’avait égaré quelques décennies en arrière, je fus totalement rassuré des perspectives qui s’ouvraient à nous avec “la digitalisation des métiers”.

Oui j’ai bien compris que certains métiers allaient être rapidement touchés par l’obsolescence et que d’autres allaient même disparaître.

Mais quel réconfort que de savoir que d’autres métiers ont déjà été créés et que de nombreux autres métiers restaient à inventer.

Je pensais avec amusement à toutes ces personnes qui ; à toutes ces époques de mutation, de transition, d’évolution de la société ; s’étaient logiquement inquiétées par la disparition de leur métier.

En effet le soir dans les rues de nos villes, nous ne croisons plus guère d’allumeurs de réverbères à gaz.

Sans aller si loin, nous savons également qu’il n’y a plus beaucoup de mineurs non plus dans notre pays.

Mais probablement que certains petits-enfants de ces anciens mineurs contribuent aujourd’hui à développer notre parc éolien et notre production photovoltaïque, tout en étant fiers de leurs grands-parents, anciens mineurs.

En quelque sorte, ces petits-enfants-là ont hérité de la même finalité qui consiste à nous fournir de l’énergie Ce sont surtout les moyens et les métiers qui ont changé.

Alors : évolution positive ou révolution inquiétante ?

Oui “la digitalisation des métiers” est une forte évolution de nos entreprises et de notre société.

En effet il serait inconscient de ne pas s’adapter à cette évolution-là, mais abordons cette transition avec enthousiasme.

Saisissons nous de cette évolution digitale comme une opportunité de développement technologique, économique et même sociétal.

Agiter le syndrome de la menace des pertes d’emplois ne ferait que cultiver la peur et retarder l’engagement de nos entreprises.

La nostalgie du passé n’a jamais stimulé la construction de l’avenir, alors que la vision et la projection de l’avenir contribuent à stimuler l’économie.

Mais au fait, le fer à cheval n’est-il pas à la fois le symbole du maréchal-ferrant et un porte-bonheur ?

Jean-François LECARPENTIER – Vendredi 03 Février 2017

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